Le 25 juillet 2026, au Comic-Con de San Diego, Ryan Coogler est monté sur scène du panel Marvel Studios et a présenté le nouveau visage du Wakanda. Premier réflexe sur les réseaux : « David Johnson ». Mauvaise orthographe, bon acteur. Il s’appelle David Jonsson, avec deux « n » et sans « h », et il ne débarque pas de nulle part : théâtre londonien, révélation à Sundance, Alien: Romulus, un BAFTA remporté par le vote du public… Voici qui est vraiment David Jonsson, l’acteur qui va porter la nouvelle génération de Black Panther.
En bref
- Nom exact : David Jonsson (pas « Johnson »), acteur et producteur britannique de 32 ans.
- Né et élevé à Custom House, dans l’est de Londres, formé à la RADA (promotion 2016).
- Révélé par Industry, Rye Lane et Alien: Romulus, où il incarne l’androïde Andy.
- Lauréat du BAFTA EE Rising Star Award 2025, la seule catégorie votée directement par le public.
- Présenté le 25 juillet 2026 par Ryan Coogler comme le nouveau Black Panther : un T’Challa de nouvelle génération, fils du héros incarné par Chadwick Boseman.
- Black Panther 3 sortira le 15 décembre 2028 aux États-Unis.
Un nom à corriger avant toute chose
Le visuel qui a circulé après l’annonce écrivait « David Johnson ». L’acteur s’appelle David Jonsson. Reuters précise surtout un point essentiel : il incarne un nouveau T’Challa, fils du T’Challa joué par Chadwick Boseman, pas le même personnage recasté au même âge. Dire qu’il « succède » à Boseman est donc imprécis : il hérite du symbole, mais son personnage appartient à la génération suivante.

De Custom House à la scène : une enfance dans l’est de Londres
David Jonsson grandit à Custom House, dans les Docklands de l’est londonien, dernier d’une fratrie de quatre enfants. Sa mère travaille dans la police, son père comme ingénieur informatique à l’aéroport d’Heathrow. Il décrit des origines créoles, mêlant héritages nigérian, sierra-léonais, caribéen et suédois, une identité qu’il revendique comme britannique avant tout, loin du raccourci « acteur nigérian » qu’on lui colle parfois.
Le foyer est rempli de musique, d’art et de livres. Il cite très tôt James Baldwin, Keats, Langston Hughes et Shakespeare. Le samedi, son père l’emmène au cinéma, souvent suivi d’un repas chez KFC, un rituel modeste qui restera l’un de ses premiers souvenirs cinéphiles.
À 14 ans, tout bascule : exclu de son établissement après une bagarre, il rentre chez lui pour l’annoncer à sa mère, qui sort d’un service de nuit. Elle lui demande ce qu’il compte faire de sa vie. Sa réponse le surprend lui-même : devenir acteur.
New York, RADA et les premières planches
À 16 ans, une bourse pour l’American Academy of Dramatic Arts l’envoie seul à New York pendant environ deux ans — son premier grand voyage, entre liberté nouvelle et discipline retrouvée. De retour à Londres vers 18 ans, il enchaîne les petits boulots (bars, vente, modèle chez Abercrombie & Fitch) en se demandant, assis sur un banc de Berkeley Square, comment accéder au monde qui l’entoure. Des années plus tard, BAFTA en poche, il y retournera pour mesurer le chemin parcouru.
Il rejoint le National Youth Theatre et décroche, après quatre tours d’audition, le rôle principal de Pigeon English (2013). Il intègre ensuite la RADA, dont il sort diplômé en 2016. Suivent plusieurs pièces marquantes : Mary Stuart, où un lancer de pièce décidait chaque soir laquelle des deux actrices jouerait la reine d’Angleterre ou d’Écosse ; Don Juan in Soho aux côtés de David Tennant ; et surtout and breathe… (2021), qui lui vaut le prix du meilleur acteur aux Black British Theatre Awards.

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Industry, Rye Lane, Murder Is Easy : la bascule vers l’écran
En 2020, il devient Gus Sackey dans Industry (BBC/HBO), jeune banquier noir et privilégié passé par Eton et Oxford. Il quitte la série après deux saisons, en pleine ascension, pour ne pas se laisser enfermer dans un seul rôle. En 2023, Rye Lane le révèle au grand public : salué à Sundance, le film le montre tendre et drôle, à mille lieues du banquier froid d’Industry. La même année, il devient le premier acteur noir à incarner le rôle principal d’une adaptation d’Agatha Christie dans Murder Is Easy — sans jamais réduire son travail à un geste militant.
Alien : Romulus et le sacre aux BAFTA
En 2024, il compose Andy, androïde protecteur devenu menaçant après une mise à jour, dans Alien: Romulus de Fede Álvarez. Sur le tournage, il découvre les effets pratiques à l’ancienne — faux sang à base de fécule de maïs et de sucre, facehuggers télécommandés, et n’hésite qu’une fois avant d’enregistrer un hommage à la réplique culte de Ripley, prise conservée au montage. Le film marche, sa performance aussi : en 2025, le public britannique lui offre le BAFTA EE Rising Star Award, seule catégorie des BAFTA Film Awards votée directement par les spectateurs.


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Wasteman, le rôle le plus personnel et sa casquette de producteur
Il auditionne une première fois pour Wasteman juste après son école d’art dramatique, avant que le financement du film ne s’effondre. Des années plus tard, le projet renaît : il y incarne Taylor, détenu dépendant à l’héroïne proche d’une libération conditionnelle. Pour le rôle, il perd environ 25 livres et travaille avec l’association Switchback auprès d’anciens détenus. Il coproduit le film avec Sophia Gibber, avec qui il cofonde ensuite greyarea., société dédiée aux récits culturellement complexes.
Pourquoi Marvel a choisi David Jonsson pour porter le costume de Black Panther ?
Marvel et Ryan Coogler n’ont pas détaillé publiquement leurs critères de casting, mais son parcours donne des indices solides. Une capacité à changer complètement de registre (banquier, amoureux romantique, androïde, détenu). Une présence déjà éprouvée dans un blockbuster mondial avec Alien: Romulus. Une formation théâtrale taillée pour porter des dialogues aussi politiques que familiaux. Et une identité britannique et diasporique qui résonne avec l’héritage global de Black Panther, sans jamais le rendre interchangeable avec Chadwick Boseman.
Ce que l’on sait — et ce qu’on ignore encore — de Black Panther 3
Confirmé par Disney et Marvel Studios : Ryan Coogler réalise le film, David Jonsson incarne le nouveau Black Panther, Letitia Wright et Winston Duke reviennent, et la sortie américaine est fixée au 15 décembre 2028.
Encore incertain : l’ampleur exacte du saut dans le temps depuis Wakanda Forever, le retour de Lupita Nyong’o dans le rôle de Nakia, l’identité du méchant, la place précise de Shuri et de M’Baku, ou un éventuel lien avec les X-Men et Avengers: Secret Wars. Rien de tout cela n’a été officiellement annoncé — à prendre avec prudence si vous le croisez ailleurs.

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En résumé
Le casting de David Jonsson devient plus cohérent quand on regarde toute sa trajectoire. Ce n’est pas un inconnu choisi soudainement pour remplacer une icône : c’est un acteur formé au théâtre, capable d’incarner tour à tour le privilège, la vulnérabilité, la peur et l’humour. L’arrivée de David Jonsson dans Black Panther 3 prolonge la lignée de T’Challa tout en offrant à Marvel un visage suffisamment distinct pour ne pas demander au public d’oublier Chadwick Boseman.




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