Cotonou le marché Missèbo a déménagé, tout savoir sur le nouveau site de PK3

Marché Missèbo détruit : les vendeurs installés au nouveau site PK3

C’est officiel, depuis ce jeudi 22 janvier 2026, l’ancien marché Missèbo situé au bord de la lagune n’existe plus. Les vendeurs de friperie ont quitté les lieux pour s’installer dans le nouveau marché moderne de PK3 à Akpakpa. Voici ce qui se passe concrètement, comment fonctionne le nouveau site et ce que devient l’ancien terrain.

Missèbo, c’est fini : le site historique est vide

Si vous passez par le boulevard Saint-Michel ou près du pont Martin Luther King depuis le 22 janvier, vous avez sûrement remarqué le changement. Le grand espace de cinq hectares qui abritait le célèbre marché de friperie a été entièrement libéré.

Les engins sont passés pour nettoyer la zone. Ce qui était autrefois un labyrinthe dense de balles de vêtements fripperie et de hangars est aujourd’hui un grand terrain plat, rendu au silence. Cette opération marque la fin d’une époque pour ce lieu surnommé la « Petite Afrique », qui a fonctionné pendant des décennies comme le cœur du commerce de vêtements de seconde main au Bénin.

Que va devenir cet espace ? Pour l’instant, le site est une « tabula rasa » (table rase). L’objectif affiché par le Gouvernement béninois est de libérer les berges de la lagune pour moderniser l’image de Cotonou. Ce terrain stratégique est désormais disponible pour les projets d’aménagement urbain de la métropole, tournant la page de l’occupation informelle.

Direction PK3 : à quoi ressemble le nouveau marché ?

Image de l'intérieur du marché PK3 de Cotonou (Le nouveau Missebo), image de Bénin Bouge.
Image de l’intérieur du marché PK3 de Cotonou (Le nouveau Missebo), image de Bénin Bouge.

Dès le lendemain de la fermeture, le vendredi 23 janvier 2026, l’activité a repris, mais ailleurs. Les commerçants ont été relogés au marché de PK3, situé dans le quartier Akpakpa.

Ce nouveau site n’a rien à voir avec l’ancien. Voici ce qui change pour les usagers et les vendeurs :

  • C’est du solide : Fini les tôles et le bois. Le marché est construit en matériaux définitifs avec des charpentes métalliques et des toitures isolantes pour protéger du soleil et de la pluie.
  • C’est organisé : Les allées sont pavées, larges, éclairées et numérotées. On ne marche plus dans la boue.
  • C’est spécialisé : Le marché PK3 est un sanctuaire dédié uniquement à la friperie. Il est désormais interdit d’y vendre de la nourriture ou de cuisiner sur place, une mesure prise pour éviter les risques d’incendie qui touchaient souvent l’ancien site.

Le site compte environ 349 boutiques et 1 700 étals pour accueillir les vendeurs.

Ce qui change dans les habitudes (Le *612#)

Le déménagement s’accompagne aussi d’une nouvelle façon de gérer le commerce au quotidien. La « débrouille » laisse place à des règles précises.

La grande nouveauté, c’est le paiement digital. L’argent liquide ne circule plus pour payer les places. Les commerçants du nouveau Missebo doivent désormais régler leurs redevances via leur téléphone, en utilisant le code USSD *612#. Cela permet à l’Agence Nationale de Gestion des Marchés (ANaGeM) d’avoir une gestion directe et transparente, sans intermédiaires. Les tarifs sont fixés et incluent désormais des services comme la sécurité, le nettoyage, l’eau et l’électricité.

« Missebo rasé », ce qui se dit et l’ambiance du moment

Suite au rasage du défunt marché de Missebo, sur le terrain et les réseaux sociaux, l’heure est au constat. Le déménagement s’est fait rapidement. La majorité des commerçants s’adaptent à ce nouvel environnement.

L’ambiance est celle d’une installation. On découvre les lieux, on prend ses marques. Si la nostalgie de l’ancien Missèbo est présente chez certains habitués de la « Petite Afrique », d’autres notent la différence de confort et de sécurité, loin des risques d’incendies récurrents des années passées. C’est une nouvelle page de l’histoire commerciale de la ville qui s’écrit simplement sous nos yeux.

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